Et oui, maintenant nous pouvons parler du campo en vrai, en profondeur, en large et en travers...Après avoir passé 17 jours (dont 2 en escapade secrète a Potosi, mais chuuttt !) sur le campo, nous voilà de retour a Potosi, avec des images pleins la tête, des piqures, des bleus et des courbatures !
Pourquoi des courbatures ?
Et bien parce que piquer une brebis (et encore plus une chèvre) c'est pas si simple... Déja, pour faire entrer un troupeau de 40 bestioles dans un corral qui n'est pas LEUR corral, mais celui de la mama la plus proche de nous, il faut beaucoup de temps, d'énergie, et beaucoup de monde ! Ensuite, faire comprendre en quechua a la mama qu'ont ne peut pas piquer les brebis enceintes (mana chichus ?) ni les trop petits (mais tellement mignons...). Puis on rentre dans l'arène. Une qui attrape la bestiole avec la mama, qui l'allonge sur le dos et qui lui écarte les pattes (elles aiment pas ca, et on les comprend !). L'autre qui prépare la seringue, dose le produit, pince la peau des cuisses (ca se dit "cuisses" pour une brebis ?!) et enfonce l'aiguille dans la peau pour injecter le produit.
Là, différents problèmes peuvent survenir : 1º l'aiguille est ressortie de l'autre côté et le produit a été injecté dehors 2º tu as oublié de doser le produit et tu n'as rien injecté 3º la brebis est en fait une chèvre (ou pire un Bouc, dédicace a Tof...) et elle remue autant qu'elle peut. C'est vraiment stupide de sa part, vu que du coup on le/la pique plusieurs fois, et que parfois on se pique nous même (si si, je me suis vraiment auto-déparasitée...)
Conditions de logement :
Géniales !! Tout le campo nous avons habité dans un poste de santé avec Rocio, la trabajadora social superstitieuse, et Angelica l'infirmière trop gentille. Donc soirées cartes, ragots et ... tricot ! Nous avons toutes les 2 commencé nos écharpes en laine et j'en connais qui vont avoir des jolis pulls a Noël...! Faut dire que lorsque le soleil se couche (18h) on se retrouve aux bougies (le dernier responsable du poste s'est barré avec ses affaires et les cables !!!). Alors vers 18h30 on mange et vers 19h30, on dort ! Question alimentation (très important pour les membres de la 113, n'est-ce pas ?!), plats très souvent bons, si on ne fait pas attention au nombre de féculents par repas (soupe de pâtes et patates puis oeufs frits avec riz et patates...). A 7h, le soleil nous réveille et les mamas commencent a taper à la porte pour consulter Angelica ou pour nous amener leurs brebis ! Autre point sympa : on avait de l'eau pour se laver et laver nos vêtements, le grand luxe !

Meilleurs souvenirs, en vrac :
- les couchers de soleil sur les sommets voisins, avec chaque soir des couleurs différentes mais toujours magnifiques
- le sourire des mamas qui sont venues nous voir pour nous remercier, nous dire que leurs chères brebis sont saines, sans aucune garrapata (sorte de pou avec une grosse poche de sang, assez flippant ! voir photo) ni autre parasite
- les parties de foot avec les jovencitas, mon premier but (et mon début d'asthme au bout de ... 2 minutes, on est a 4000 m quand même !)
- la préparation du festival organisé par l Ong en octobre, avec concours de chants et danses traditionnelles,
concours de cuisine, élection de la Reine (et faut voir la tête des candidates, leurs dents surtout : elles sont toujours les plus vieilles !), concours de foot, et pleins de jeux sympas genre relais avec une cuillère dans la bouche, la-dite cuillère contenant un oeuf cru...- les pauses pipi avec Maylis, le soir avant de se coucher, sous un ciel rempli d'étoiles
- le vol des condors au dessus des troupeaux de brebis (devinez pourquoi ils font ca...)

- le retour a Potosi dans le 4*4 de Ruben avec "Born to be alive" et "Pretty baby" a fond...
Bref, un campo riche en découvertes, notre vocabulaire quechua avance, nous avons déjà vacciné 1.167 brebis/chèvres et pour octobre, elles devraient être 3.000 !!!
Pour plus de photos, voir mon blog ou celui de Maylis
Bisous a tous, vous nous manquez !!!!!
Maëlle.